jeudi 29 septembre 2011

LE DERNIER HIVER

Un Ciel de Sang.
Un hiver sans fin.
De la neige à perte de vue
Et une forêt de pins.
Des pins qui dévorent tout...
J'ai eu le bonheur de lire "Le Dernier Hiver" avant sa sortie, un exemplaire dédicacé en plus !  (Merci Jean-Luc !) Je suis restée pétrie d'admiration en me plongeant dans ce roman d'une grande intelligence, véritable chef d'oeuvre d'émotion et de style. "Un roman bouleversant et poétique, une belle histoire d'amitié de courage et d'espoir, un cri d'amour qui redéfinit les frontières de l'humanité" Comment mieux définir  ce merveilleux roman dans lequel on est tout de suite emporté comme par une tempête de neige ? Jean-Luc a encore frappé fort, fort et beau.

Une ville du Cantal, Aurillac, pour ne pas la nommer, est engloutie depuis plusieurs années sous des congères de neige et cernée par la "Malesève", cette étrange forêt carnivore recouvre la surface de la Terre lors d'un éternel crépuscule qui ensanglante toujours et encore le ciel. Le lecteur fait d'emblée la connaissance de Johan, un jeune homme à la double personnalité, puis de son frère Théo, le soldat de retour du front, de ses amis, Khalid et Fanie, ceux qui le suivront afin de retrouver, à Bergerac, l'amour de sa vie : Léa. Les quatres compagnons devront s'infiltrer au coeur de ces ténèbres malfaisantes, entre le froid polaire, la Malesève et ses rencontres et mystères cauchemardesques, nous les suivront le long des fleuves, seules voies que les mystérieux pins n'ont pas tout à fait envahies. Tous aussi haletants qu'eux, nous vibrerons, tremblerons, car Jean-Luc réussit encore la prouesse de happer le lecteur dans sa course, de quasiment l'intégrer dans l'aventure car l'on reste à la fois touché, et pris par l'histoire au point de se voir partager l'angoisse des héros.

Le Dernier Hiver est avant tout une aventure humaine, Jean-Luc Marcastel a écrit la première mouture de ce roman lorsqu'il était encore adolescent. Avec une incroyable maturité, il avait compris bien des choses sur l'humanité, ses défauts et courages, ses lacunes, l'obscurantisme, ceux qui réfléchissent et ceux qui se laissent embarquer par la folie, quelle qu'elle soit, politique ou pseudo religieuse, car peu importe le nom que l'on donne aux folies des hommes, il s'agit toujours de survie de la race. Certains emploient la ruse et la cruauté, la manipulation, d'autres se servent de leur cerveau à bon escient, rares sont ceux qui écoutent leur coeur, et ne se laissent pas assujetir. J'en avais le souffle coupé !
Lorsque l'on se plonge dans un livre de Jean-Luc Marcastel : on se dépoussière le cerveau et l'on s'enrichit le coeur. C'est de l'Art. L'auteur nous offre plus que sa magistrale plume : des valeurs, des reflexions ouvertes sur ce monde. Il faut beaucoup d'amour et d'humanité pour écrire un tel roman. Encore une fois, c'est admirable ! Et je conseille mille fois la lecture de cette oeuvre.

"Louis le Galoup" 5 tomes parus aux Editions Nouvel Angle
"Frankia" 3 tomes parus aux Editions Mnémos
"La Saga d'Alban" 3 tomes prévus Tome 1 paru en septembre 2011
"Le Dernier Hiver" Editions Hachette Black Moon parution 5 octobre 2011

Jean-Luc Marcastel Foire du Livre de Laroquebrou 2010
photo copyright Nathanaëlle C.

jeudi 8 septembre 2011

LA GESTE D'ALBAN

La Geste d'Alban
Tome 1 l'Enfant Monstre
Il était une fois un conteur qui s'était invité chez nous... Il s'était installé au coin de l'âtre, et, à la lueur des flammes dansantes, nous avait raconté l'histoire de Louis, Louis le Galoup...  Vous vous souvenez ? Et bien ce conteur est revenu, il a de nouveau frappé à la porte, est entré, a posé son baton de pélerin, s'est assis devant le cantou, et a repris son récit.. Non, pas là où il s'était arreté la dernière fois, car l'histoire de Louis est bien finie, on le laisse à sa Roussotte et à la vie sans malebestes ni siblaires... Non, cette histoire-là commence trois cent ans avant celle de Louis... Il s'agit de celle d'Alban.

Nous allons faire la connaissance d'Alban, de Lop, d'Enguerrand de Trencavel, d'Aymeric, de Jorge, de la belle Lamia... De nouveaux héros qui vont nous toucher autant que Louis et ses amis nous ont pris le coeur. Jean Luc a (encore lol) réussi un  chef-d'oeuvre (mais  nous avons l'habitude avec un auteur aussi généreux et pétri de talent) 

Le roman débute par angoisse et combat, mais pourquoi en est-on là ? Alors fash back... La veille de ce jour de combat contre les matagots, sur le plateau du Larzac... Retour à Tournemire... A la malebeste qui rode... Les événements vont s'enchainer, vite, puis se calmer, puis reprendre en intensité, en suspens, en gravité... Avec l'arrivée d'Aymeric et sa désinvolture, l'humour rendra plus léger le récit, mais ce qui parait logique dans ce qui va suivre, Jean Luc tourne l'histoire à sa façon, celle à laquelle on ne s'attend pas, il lui porte le souffle épique et piquant, (si tant est que l'on avait cru deviner le déroulement ! lol) et nous faire palpiter le coeur...

On l'aime déjà, Alban, le bel Alban, malgré le masque qu'on lui impose de porter sur son visage, car notre nouveau héros est marqué par la Brèche, Alban a le coeur noble et courageux. Malgré sa haute naissance et son statut d'héritier du fief, avant son frère puiné au visage angélique, tout le village le surnomme le "Brècheux" avec son bras difforme et son visage à cacher...  Détesté et moqué, il saura que son père l'aime, mais l'humanité juge trop vite sur l'apparence... Et puis... Alban possède un don... Un don très doux avec les animaux... Voire plusieurs dons... Le moine Enguerrand de Trencavel, le meilleur des traquebestes, lui soumetra un choix mais, malgré cela, Alban gagnera-t-il le respect de tous ? Rien n'est moins sûr... A qui peut-il se fier ? Et quel choix fera-t-il ? Je ne vous en dit pas plus, ce serait dommage de déflorer l'histoire, même un tout petit peu... Je fais partie de ces lectrices qui ne parcourent pas les 4e de couverture, car même là, on n'en dit trop. Je vous laisse le plaisir de découvrir ce roman intense et très beau, mais Jean-Luc nous a refait le coup du tome 1 de "Frankia" : le conteur est fatigué, il reprendra le cours de l'histoire lors du tome 2 !

Jean-Luc Marcastel nous livre une oeuvre magnifique, il nous fait frissonner et espérer. Ce héros, il ne lui appartiendra bientôt plus, il sera "notre Alban" comme le Galoup est "notre Galoup", voilà ce que c'est que d'écrire de belles choses... Nous, on se les approprie d'affection.

Merci Jean-Luc !

Quant aux illustrations de Jean-Mathias, il est inutile de vous dire que les dessins n'ont pas besoin de légendes, on reconnait les traits des personnages, même sans leurs noms dessous, l'artiste a su parfaitement se glisser dans leurs peaux, à croire, qu'à l'instar du conteur, il les a, lui aussi, connus...

Merci Jean Math !

http://www.matagot.com/alban/


Alban et son père
illustration de Jean-Mathias Xavier